J'ai 20 ans.
C'est terrible ! C'est chouette, je suis libre, indépendant, adulte ! Enfin !
À 20 ans, tu débordes d'énergie, le monde t'appartiens et tu veux le parcourir. Tu pars sans cesse à la découverte de nouvelle sensation. Tu es ivre, ivre de vivre, ivre d'amour, ivre de tout court.
À 20 ans, tu as parcouru un cinquième de ta vie, les restes est devant toi, t'ouvres les bras. Tu veux déjà tout connaître, tu veux tout expérimenter.
Pourtant, je n'en ai pas envie. Je suis comme un papillon qui butine un peu à toutes les fleurs, je m'intéresse à tout et rien à la fois. La politique m'ennuie. L'écologie est un combat presque perdu avec le comportement de ceux qui milite pour et des autres. L'alcool est un verre de trop. La drogue n'apporte rien de bien. La plupart des gens me semblent insipides, hypocrites ou encore superficiels. J'ai juste l'impression que le monde qui m'entoure est pourrie et magnifique.
J'aimerais voir toutes ces merveilles de la nature, ou construite par l'homme, qui sont disséminées sur notre planète.
J'aimerais observer tous les êtres vivants qui m'entourent. Mais à terme, tout va disparaître.
J'ai 20 ans, et oui, je suis pessimiste. L'homme est l'animal le plus intelligent qui peuple la Terre, malheureusement, il détruit tout sur son passage et ne supporte pas survis des espèces qui le menace ou qui ne le serve pas.
J'ai 20 ans, et oui, je suis un homme et donc je suis égoïste. Je ne pense pas que mon comportement changera celui des autres alors je me réfugie dans l'univers que je me suis créé. Je me réfugie au sein de la Fantasy et de la Science-fiction pour visiter dans ma tête la Terre, ceux qui le peuple, ceux qui l'ont peuplé et ceux qui ne la peuplerons jamais. C'est plus simple ainsi, et puis après tout pourquoi être différent, je ne suis qu'un homme parmi tant d'autres. Un mouton de plus dans la bergerie, ne fera pas la différence, et le berger sera content, s'il y en a un, ou plusieurs.
J'ai 20 ans, je ne sais pas quoi penser, dissimulé dans la foule, je me pose beaucoup de questions, sans réponse. Mais je ne désespère pas, j'avance et je regarde autour de moi, d'autres aussi ont l'air complètement paumé, mais comme moi, ils imitent les moutons qui les entourent et tentent d'être gris, plutôt que noir. Il est plutôt malvenu d'être différent dans cette foule de mouton qui nous entoure.
Égocentrique, timide, fier, nonchalant, impulsif, distant, superficiel, cynique, insensible, avare, lunatique, paresseux, entêté, menteur, peureux et j'en passe sûrement, ce sont les qualités qui me définissent en tant que bon bétail de cette société.
J'ai 20 ans et j'ai peur. Du monde qui m'entoure et des gens qui m'oppressent. Alors, je fuis, bien plus à l'abris seul qu'accompagné. Heureusement, parfois, je suis détourné par mes noires pensées, par ma famille, un prof, des amis de passages ou encore un livre, car sans ça je n'en doute plus, j'aurais trouvé le courage d'y mettre fin. Heureusement, le monde est gris. Un gris anthracite, presque noir. Heureusement que je le fuis.
J'ai 20 ans.
C'est terrible !